Le drapeau syrien flotte de nouveau sur le légendaire Krak des Chevaliers, deux ans après sa conquête par des insurgés en majorité islamistes.                                                    Crédits photo : LOUAI BESHARA/AFP

 

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 NDLR.- J'ai visité le Krak des Chevaliers il y a une dizaine d'années.La photo est prise depuis un restaurant qui se trouve au même niveau que le Krak de l'autre côté du ravin.

Article extrait d'Internet - actualités Syrie

Les villageois chrétiens des environs sont soulagés. Avec cette nouvelle victoire, l'armée progresse dans la «sécurisation» de la région frontalière avec le Liban.

Le drapeau syrien flotte de nouveau sur le légendaire Krak des Chevaliers. Deux ans après avoir été conquise par des insurgés, en majorité islamistes, la citadelle croisée classée au patrimoine mondial de l'Unesco a été reprise ce jeudi par l'armée régulière.

«Le Krak des Chevaliers a été libéré, ainsi que la région autour, des hommes armés et des terroristes qui venaient de Syrie, du Liban et d'autres pays», a commenté un colonel syrien sur la chaîne de télévision al-Mayadeen. «Stratégiquement, cela veut dire que la route d'approvisionnement qui commençait à Wadi Khaled au Liban en direction de Tal Kalah puis à Homs est coupée, et nous avons mis fin à l'infiltration des terroristes», a affirmé le loyaliste.

La reddition d'un certain nombre de rebelles aurait accéléré cette reconquête. Le fort était tenu par quelque 300 insurgés, dont une majorité de salafistes libanais du groupe Jound al-Cham. Une quarantaine d'entre eux aurait été tuée, dont leur chef Abou Souleymane, un salafiste de Tripoli au nord du Liban, distante de seulement 50 km. «Les retentissements au Liban sont importants», nous déclare un expert libanais. Selon lui, l'armée syrienne a refusé de laisser repartir vers le Liban des insurgés en déroute, n'hésitant pas à bombarder leurs convois.

Cette défaite rebelle s'inscrit dans le prolongement de celle subie la semaine dernière dans la ville de Yabroud, à une vingtaine de kilomètres plus à l'est. Fortes de ces avancées, les forces loyalistes progressent vers d'autres villes voisines afin de «couper» tout lien avec le Liban voisin, d'où arrivent combattants et armes. Mais après Yabroud et le Krak, la route entre Homs et le littoral méditerranéen, fief de la minorité alaouite, celle de Bachar el-Assad, est désormais revenue entre les mains du régime.

Situé à une vingtaine de kilomètres de Homs, le Krak dominait le «Wadi al-Nassara», la «Vallée des chrétiens», et sa trentaine de villages dispersés dans ce couloir escarpé, où l'on vit à mille lieux des rigueurs de l'islam préconisé par les salafistes qui occupaient la tour. Régulièrement, leurs habitants se plaignaient d'affrontements avec des insurgés islamistes, qui descendaient de la forteresse pour attaquer les villages du Wadi al-Nassara, défendus par des milices chrétiennes clairement pro-régime. Lors de notre passage dans ces villages en juin 2013, des habitants avaient ouvertement regretté que l'armée syrienne n'intervienne pas pour déloger les rebelles qui les menaçaient depuis la citadelle. Certains avaient même écrit au président Bachar el-Assad pour qu'il envoie la troupe affronter les insurgés du Krak. Ce qui a été finalement fait, dix mois plus tard.

Haut lieu du tourisme, le fort a été construit à partir de 1031 par les Abbassides, une dynastie de califes arabes. En 1142, au temps des Croisades, le château a été confié à l'ordre des Hospitaliers qui construisit plusieurs ouvrages défensifs. C'est de cette époque que date le nom de Krak des Chevaliers.